Je fais des articles quand je me lève et que je suis prêt à partir, 10 minutes avant de prendre mon bus, Ivan...
Alors là, inquiétude extrême, besoin de vos aide et conseils, par pitié, je suis paumé et j'ai besoin de vos avis.
Tout a commencé ce soir (hier soir, pour toi) à la réunion parents-profs. Quoi, je me suis fait rétamer? Même pas, bien au contraire, et c'est là le problème, c'est que c'est le contraire. On peut même remonter légèrement plus loin, à lundi; la prof de philo nous avait fait de la pub pour hypocagne, cagne, tu sais, les écoles supérieures de lettres, ou si tu préfères les "classes préparatoires littéraires". Elle nous a dit qu'elle sortait de là, et nous avait parlé des avantages, sans négliger les nombreux inconvénients, et ça m'avait intéressé. Le soir, Christophe, quand je lui ai demandé son avis, m'a déconseillé hypocagne: ils prennent sur dossier, et le mien n'est pas spectaculaire. Ca demande une masse de travail, et une force mentale qu'il lui semble que je ne suis pas en mesure de fournir. Et il a dit que moins d'un quart de ceux qui entrent passent en cagne, qui est la deuxième année, et là encore ça baisse dans les mêmes proportions. Cela, joint à l'esprit de compétition et la volonté de couler tous ses voisins pour avoir la place, dont nous avait parlé la prof de philo, m'a bien fait comprendre que ce n'était pas pour moi, et que je n'avais de chance que de perdre une année, bien que les gains ne soient pas négligeable dans le domaine culturel.
Comment définir hypocagne? C'est simple: c'est une école où l'on étudie tout ce que j'étudie en TL, absolument tout, comme si je m'étais spécialisé dans chaque matière, donc tu imagines la dose de travail que ça représente.
C'est un endroit où l'on est encadrés encore plus sévèrement qu'au lycée, une discipline presque militaire, où l'on met la pression pour que ceux qui n'ont pas la force mentale abandonnent le plus vite possible, parce que ce sont des quotas à la sortie, et non selon les notes. Sur 12.000 candidats en France, quand la prof de philo a passé son examen de fin de cagne, il y avait 200 lauréats autorisés. Tu comprends une fois de plus le niveau.
Bien entendu, je ne pensais donc plus à cela, mais aujourd'hui (hier, pour toi) le prof de littérature a dit à mon père que ce serait sans doute mieux pour moi que la fac d'histoire, pour diverses raisons. Selon lui, la fac me formaterait et briserait une partie non négligeable de ma personnalité, parce que l'histoire est une science, et non une matière littéraire. Ensuite, il pensait que j'avais le bagage culturel, l'aisance dans l'expression, et la volonté, en plus de la force mentale, nécessaires. Il conseillait de faire hypocagne, et de sortir en deuxième année de fac, sans passer ni cagne, ni la première année de fac, il pensait que ce serait le plus judicieux. Mon père a sauté sur l'occasion, lui qui veut que ses enfants soient LES meilleurs dans ce qu'ils font. Il a donc demandé son avis à la prof d'Histoire.
Elle a dit que j'étais TROP LITTERAIRE POUR LA L !!!! Je m'explique. Comme je l'ai dit, l'Histoire est une science, et il faut de la rigueur scientifique. Elle dit que mes plans sont toujours parfait, sans aucune exception, et que le manque de rigueur n'est pas là. Mes compos sont parfaites, et elle aimerait mettre plus, mais elle ne peut pas. Parce que j'ai la qualité, pas la quantité. En fait, elle dit que je suis l'un des meilleurs qu'elle ait jamais vu pour ce qui est de faire une démonstration, et qu'une compo comme ça, au bac, elle mettrait facilement 20/20 (!!!!!), mais l'inconvénient est que ma qualité de démonstration empiète sur la quantité des arguments, et au bac c'est quitte ou double: ou je tombe sur un examinateur qui regarde à la démonstration (puisque la compo est bien démontrer quelque chose), et qui met 20 facilement, soit sur un qui a la liste des arguments à fournir sous les yeux, et enlève des points pour chacun de ceux qui manquent, et elle dit que j'ai peu de chances de dépasser 10. Savoir que si j'ai 10, la prépa faut pas y rêver, et même fac d'histoire j'ai peu de chances d'être accepté.
Mais elle a dit que c'était là le "problème de mes capacités", et que ça peut se résoudre par la prépa, en effet. Si je m'efforce à fournir la même qualité dans les compos, pour plus d'arguments, je peux avoir une bonne note dans tous les cas au bac, entrer en prépa, faire les deux ans (elle pense que c'est le plus judicieux), et après toutes les portes me sont ouvertes, pour faire historien ou simple prof. Elle m'a dit d'avoir de l'ambition.
A vrai dire, à Noël, mon oncle et ma tante étaient surpris d'apprendre que je voulais faire prof, comme d'hab, et me l'ont déconseillé, comme d'hab. La différence, et ce qui m'a le plus surpris, c'est qu'ils ont téléphoné à la maison, vraisemblablement inquiets, pour informer mes parents que j'avais les moyens de faire ce que je voulais, et que prof c'était pas le mieux. Mais entre eux, ou Christophe, ce dernier est celui qui me connaît le mieux, et en qui j'ai le plus confiance.
Un autre avantage à prépa, c'est que si je réussis l'examen de sortie de cagne (déjà, faut y arriver!), je reçois chaque mois le salaire d'un prof, depuis ce jour, jusqu'à ce que je trouve du travail, et que je mérite un salaire, ce qui signifie que si je parviens à remplir cet exploit, alors j'aurais assez d'argent pour être indépendant, subvenir à mes besoins, tout en continuant des études pour me spécialiser sur n'importe quelle voie littéraire, Histoire ou autre.
Inconvénients: on commence les cours à 7h du matin, on termine à midi, on reprend à 13h par oral blanc (tous les jours), et on reprend les cours à 14h pour finir à 18. Les pages de ton agenda (c'est un rythme scolaire, donc bien encadré, contrairement à la liberté de la fac) est très vite noirci, parfois même pour le lendemain, de compos ou dissertations en philo, Histoire, géo, français, littérature, langues. On te note, dès le premier jour, comme si tu étais à l'examen de sortie de cagne, ce qui implique qu'il faut s'habituer aux 3 ou 4 sur 20, et que à 5 t'es déjà bon. Il faut passer parfois des nuits entières à faire des recherches et à faire des compos d'un niveau impressionnant. Tout cela implique que, pendant deux ans, je n'aurais plus le temps d'écrire, pas même des nouvelles.
On commence début septembre, pour finir fin juin, alors que la fac d'histoire c'est de fin octobre à début mai. Tu vois, j'espérais revenir au lycée le premier mois, de temps en temps, en septembre, et je pensais surtout à LC, pour ça. Si je fais prépa, les probabilités qu'on se revoie avant les vacances sont minimes, et encore plus que je vienne au lycée.
J'aimerais ton avis sur la question. Bien entendu, je sais que tu n'oseras pas dire que tu m'en juges incapable, et pourtant c'est ce que je te demande: au vu de tout ce que je t'en ai dit, qu'est-ce que tu me conseillerais?
Perso, ce qui m'empêche d'aller en prépa (j'en ai sincèrement envie) c'est LC, l'écriture, la masse de travail que ça représentera, et les chances innombrables d'échouer. Les gains ne sont pas moins négligeables, même si j'échoue, mais j'hésite sincèrement.
S'il te plaît, tu peux me dire ce que t'en penses, stp, j'ai besoin d'avis extérieurs nombreux...
Je te remercie d'avance