Tout à l'heure, à 17h, j'étais dans l'escalier désert, pour quitter le lycée, et soudain deux petits, sûrement des collégiens, m'ont dépassé précipitament, manquant me bousculer. J'ai alors eu une image, celle du collégien que j'étais, passant moi aussi par ces escaliers du lycée. Une phrase stupide est venue à mon esprit : "avec l'usure du temps et ma croissance, les marches de l'escalier ont rétréci".
Phrase venue d'on ne sait où, mais dont ce qui m'a le plus intéressé est l'illogisme. En effet, qui dirait que l'escalier a été usé par le temps? C'est absolument ridicule. Oui, je me souviens des marches plus grandes, mais cela n'est dû qu'à ma croissance. Alors voilà, j'ai corrigé mon esprit en me disant "Ma croissance rétrécit toute chose à mes yeux."
J'ai pensé cela puis, soulagé d'avoir pu dire enfin une vérité, j'ai quitté le lycée et j'ai pris mon car...
Ca c'est une histoire vraie, mais si j'ai raconté c'est juste pour délirer parce que c'est absolument ridicule...
Deuxième:
Dans la voiture, une fois arrivé à Paulhaguet, et tandis que j'attendais d'être remonté à la maison par mon père qui était encore au travail, j'ai pensé à quelque chose, en me remémorant le cadeau que j'ai offert à LC pour son anniversaire. Je me suis dit que, pour nos anniversaires, on ne mérite rien, du fait qu'on n'a rien réussi, aucune victoire, on n'a même rien voulu, rien demandé, jamais on n'a pensé à naître, pourquoi donc fêter notre naissance, pourquoi nous offrir des cadeaux? D'autant que le plus beau cadeau qu'on ait eu à cette date, c'est bien le droit de vivre!
C'est comme Noël...on a reçu Jésus en cadeau, et chaque année on fête ça en s'offrant des trucs, sans même plus savoir pourquoi... parce que c'est comme ça, parce qu'à Noël on doit offrir des cadeaux. Et pour cette même raison, je n'ai aucune envie ni d'en offrir ni d'en avoir, et ici dans ma famille tout le monde est dans le même cas cette année: aucun goût pour Noël, aucune envie de faire des cadeaux, de bosser pour mettre la table, faire le repas, puis se payer la vaisselle grasse à 2 heures du matin, pour se réveiller tard le lendemain et être très crevé. Aucune envie...
Ne peut-on s'offrir des cadeaux toute l'année, lorsqu'on le désire, simplement parce que l'on a envie de faire plaisir, de voir un sourire s'afficher sur un visage joyeux, tout simplement parce que l'on a envie d'en offrir? Tout comme les galettes des rois, moi j'aime en faire, autant qu'en manger, alors j'en fais de temps en temps, comme les truffes, j'adore, aussi j'en faisais plus d'une fois par mois il y a un an. N'est-ce pas ça, être heureux?
N'a-t-on pas le droit d'être heureux lorsqu'on le veut, ou doit-on être heureux sur commande, un jour chaque année, le soir?
Et est-ce que faire la fête est forcément manger gras et trop, échanger des cadeaux, et se coucher tard? Faire la fête, est-ce devoir absolument se réveiller le lendemain avec un mal de crâne, traîner des pieds toute la journée en bâillant?
Et si je me fais une fête de parler avec un ami, n'ai-je pas droit de considérer que cela vaut plus que cette hypocrisie? Certes, on offre parce qu'on a plaisir à offrir, mais si Noël n'existait pas, offririons-nous?
Et si Noël cette année passait comme chaque autre jour? Si je décidais de passer ma soirée devant mon ordinateur, avec un sandwich à côté, à écrire un texte, comme je le fais parfois? J'adore faire cela, passer une bien trop courte soirée à écrire, cela me fait vraiment plaisir, pourquoi m'imposerais-je de faire comme les autres?
Et si cette année je décidais de me souvenir de ces millions de personnes qui meurent de faim à quelques heures de chez moi en avion?
Et si l'argent que j'aurais mis dans des cadeaux, je le donnais à une ONG ?
Pitié, dites-moi ce que vous en pensez de cette dernière réflexion!!!!
